TDAH et Trouble du sommeil: Explications

Quelle est la relation entre le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et le sommeil ? Les enfants qui souffrent de troubles du sommeil et de trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention (TDAH) peuvent présenter des symptômes similaires, tels que l’inattention, la suractivité et l’agitation. L’interaction entre ces deux troubles de TDAH et les troubles du sommeil est importante et l’un peut être mal diagnostiqué comme l’autre en raison du chevauchement des symptômes.

Définir le TDAH

Le TDAH est un trouble neurodéveloppemental qui touche environ 10 % des enfants et 4 % des adultes. Les personnes atteintes de TDAH présentent souvent un schéma persistant d’inattention et/ou d’hyperactivité-impulsivité qui interfère avec leur fonctionnement social, professionnel ou scolaire. Chacun de ces critères peut se manifester de différentes manières, notamment :

  • L’inattention : erreurs d’inattention, faible capacité d’attention, mauvaise écoute, distraction, oubli, procrastination et désorganisation.
  • Hyperactivité et impulsivité : agitation, souvent en mouvement, agité, bruyant, toujours « en mouvement », bavardage excessif, perturbateur.


Relation entre le TDAH et les troubles du sommeil

Il existe de nombreux troubles du sommeil qui peuvent affecter les enfants. La plupart des troubles observés chez les adultes peuvent également se produire chez les enfants, notamment l’insomnie, le bruxisme, le syndrome des mouvements périodiques des membres, la somniloquie, l’apnée obstructive du sommeil, le somnambulisme et les troubles du rythme circadien. Toutefois, les enfants sont plus souvent victimes de terreurs nocturnes que les adultes.

On peut s’attendre à ce que les enfants atteints de TDAH aient un sommeil perturbé. Le sommeil comporte une composante comportementale, et les difficultés parentales s’étendent souvent jusqu’à l’heure du coucher chez les enfants atteints de TDAH. En outre, il peut y avoir des symptômes psychiatriques, tels que l’anxiété ou la dépression, qui peuvent perturber le sommeil. Des études ont montré de façon constante des taux plus élevés de troubles du sommeil chez les enfants atteints de TDAH.

On estime que 25 à 50 % des personnes atteintes de TDAH ont également des problèmes de sommeil.

Ceux-ci ont des répercussions énormes et variables sur la dynamique familiale, la réussite scolaire et d’autres questions de santé.

Syndrome des jambes sans repos

Les enfants atteints de TDAH se plaignent plus souvent de symptômes correspondant au syndrome des mouvements périodiques des membres (SPM) ou, comme on l’appelle parfois, au syndrome des jambes sans repos (SJSR). Ces symptômes comprennent des sensations inconfortables, telles que des insectes rampant sur la peau, qui sont soulagées par le mouvement. Ce phénomène s’aggrave le soir ou la nuit au repos et implique une envie irrésistible de bouger. Des études ont montré que 20 à 25 % des personnes atteintes de TDAH souffrent de SJSR, contre seulement 1,5 à 2 % des témoins. Le nombre de mouvements perturbateurs la nuit est fortement associé au degré d’hyperactivité pendant la journée.

Ronflements, apnée du sommeil et hyperactivité

Les enfants peuvent avoir des difficultés à respirer la nuit, allant d’un léger ronflement à l’apnée du sommeil. Les causes sont notamment les suivantes :

  • Amygdales et adénoïdes dilatées
  • Anomalies crânio-faciales
  • Obésité
  • Maladie neuromusculaire
  • Allergies

Là encore, les enfants souffrant de ces troubles du sommeil ne sont généralement pas excessivement somnolents. Ils ont plutôt des problèmes d’énurésie, de transpiration, de retard de développement et de difficultés d’apprentissage ou de comportement.

La relation entre le nombre de perturbations respiratoires et les baisses du niveau d’oxygène dans le sang et l’hyperactivité n’a pas été établie ; cependant, une étude suggère que 81 % des enfants ronflants habituels qui souffrent de TDAH (jusqu’à 33 % des enfants atteints de TDAH) pourraient voir leur TDAH éliminé si leur ronflement habituel et les autres troubles respiratoires liés au sommeil étaient traités efficacement.

Les troubles du sommeil sont-ils plus fréquents dans le TDAH ?

Jusqu’à 74 % des parents signalent des problèmes liés au sommeil chez leur enfant atteint de TDAH. En examinant la littérature médicale disponible, certaines tendances des données suggèrent que certains troubles du sommeil pourraient être plus fréquents dans le TDAH. Si l’on compare les enfants atteints de TDAH qui ne sont pas traités par des médicaments à ceux qui ne le sont pas, quelques tendances peuvent s’avérer vraies;

  • La plupart des études ne montrent aucune différence dans le temps de sommeil total ou le temps nécessaire pour s’endormir.
  • La plupart des études montrent une augmentation de l’agitation et des mouvements périodiques des membres pendant le sommeil chez les enfants atteints de TDAH.
  • Le pourcentage de temps passé dans le sommeil à mouvements oculaires rapides (REM) peut être diminué chez les enfants atteints de TDAH.
  • La fréquence des parasomnies, des cauchemars et de l’énurésie peut augmenter chez les enfants atteints de TDAH.


Rôle des stimulants pour les TDAH

L’utilisation de médicaments sur ordonnance, tels que la Ritaline (méthylphénidate), pour traiter le TDAH peut ajouter un autre niveau de complexité à la question. Les stimulants sont souvent utilisés pour traiter le TDAH, ainsi que la narcolepsie et le syndrome de fatigue chronique. Les parents d’enfants traités avec des stimulants perçoivent une plus grande prévalence de problèmes de sommeil, notamment une latence plus longue, une efficacité du sommeil moindre et une durée de sommeil plus courte. Ces effets sont particulièrement marqués lorsque les doses sont administrées trop près de l’heure du coucher. On ne comprend pas bien comment ces médicaments peuvent affecter d’autres aspects du sommeil.

L’importance du traitement

Un TDAH non traité entraîne une déficience importante dans les domaines interpersonnel, professionnel et cognitif, y compris des scores au quotient intellectuel et des scores aux tests de performance inférieurs à ceux des témoins. Il est important que les enfants qui souffrent d’inattention, d’impulsivité et d’hyperactivité soient évalués pour le TDAH et, le cas échéant, pour les troubles du sommeil.

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